Le blog de Steeve amateur de photos, sexualité

 

Je retrace par cet article une synthèse concernant l'aspect douleur/Plaisir.

Le lien est fait avec le monde BDSM puisque ces deux vecteurs font parti de l'évolution souhaitée entre le Maitre et sa soumise.

L’aspect SM est la partie émergée de l’iceberg BDSM qui lui vaut sa réputation sulfureuse. Il ne faut pas confondre la relation purement sado-masochiste et le volet sadomasochiste du BDSM.  

Dans la relation BDSM la douleur n’est pas univoque. Certes c’est la douleur souffrance tant physique que morale de la punition, douleur faite pour marquer certes le corps mais surtout l’esprit de la soumise. Mais c’est surtout la douleur subtile en faisant monter progressivement les endorphines. C’est la douleur-plaisir qui déclenche l’orgasme.

La douleur est alors un signifiant de la relation et c’est par elle, entre autre, que se renforcent les liens entre le Maître et la soumise. C’est une douleur qui ouvre à l’autre et le rapproche de soi. C’est un plaisir que l’on offre à l’autre.

 

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La douleur n'est jamais un but en soi , elle n'est jamais gratuite , c'est souvent ce que les non initiés ne comprennent pas.
elle a tellement de significations utiles dans le SM si elle est utilisée adroitement
elle souligne l'offre que fait la soumise à son Maître
elle lui permet d'avancer dans son don de soi
elle donne au Maître la responsabilité de veiller à ce qu'elle soit apportée correctement.
elle oblige le Maître à être responsable du corps de sa soumise.
elle souligne les conditions de soumis et dominant
elle est une technique qui permet d'amener de l'adrénaline dans l'organisme et de faire jouir la soumise plus fort
elle lève les inhibitions de la soumise comme celles du Maître
elle les rend libres de la société codifiée
elle amène à PLUS dans tout
c'est une composante majeure dans nos relations car plaisir et douleur sont les parties d'un même vecteur
le SM étant une forme paroxystique.

La douleur peut également être recherchée et voulue dans le but d’atteindre un haut niveau de conscience, c’est-à-dire de se « réveiller » encore une fois par rapport à toutes les autres situations que l’ont peut connaitre dans la société actuelle. On retrouve ainsi l’idée de la culture BDSM qui recherche la douleur pour provoquer un écoulement d’endorphine qui deviendra finalement plaisir. Il existe un lien très étroit entre le mal et le bien, la douleur et le plaisir.

 
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Quelques définitions pour comprendre le processus douleur/Plaisir :

Endorphines ou endomorphines :

Ce sont des composés opioïdes peptidiques endogènes. Elles sont secrétées par l'hypophyse et l'hypothalamus lors d'activité physique intense, excitation, douleur, et orgasme. Elles ressemblent aux opiacés par leur capacité analgésique et à procurer une sensation de bien-être. 

L’endorphine :

L’endorphine appartient à la catégorie des peptides, c’est-à-dire qu’elle est constituée d’une petite quantité d’acides aminés. Dans la mesure où les effets de ce neurotransmetteur est similaire à ceux de l’opium ou de la morphine, il est également classé parmi les opioïdes. Il est utile de mettre l’accent sur le fait que la bêta-endorphine peut circuler dans l’organisme et son taux peut être dosé.

 

La sécrétion de l’endorphine :

L’organisme peut sécréter l’endorphine en une minute seulement. L’endorphine peut être produite par le corps en différentes occasions en notant que la sécrétion ne se fait pas sur commande. D’après les spécialistes qui se sont penchés sur le sujet, la production de ce neurotransmetteur est boostée après un effort important (après un entraînement sportif par exemple). Au-delà des efforts physiques, la sécrétion de l’endorphine dépend également des dispositions psychologiques. La production d’endorphine peut durer quinze minutes sans interruption et les effets sont ressentis pendant quarante-cinq minutes environ. La sécrétion intervient également lorsque le corps doit supporter une douleur. L’endorphine permet à l’organisme de se surpasser. Que ce soit dans le cadre d’un accident, d’une blessure, d’une maladie, ce peptide aide le cœur à faire face à la douleur sans toutefois l’occulter totalement.
  

Les effets de l’endorphine :

Beaucoup sont ceux qui qualifient l’endorphine de drogue naturelle. Lorsqu’on a expérimenté les sensations extrêmes procurées par la production d’endorphine, on ne peut plus s’en passer et on veut y goûter encore et encore. De nombreux sportifs de haut niveau qui expérimentent très souvent la sécrétion d’endorphine affirment qu’après un effort très important, ils ressentent une véritable extase, proche de l’orgasme. Le bien-être est immédiat et on en redemande. Le gros avantage de l’endorphine se trouve dans le fait qu’il n’existe aucun effet négatif sur le corps, contrairement à certaines substances narcotiques qui se vantent de vous transporter au septième ciel.  


Classifications des effets de la sécrétion d'endorphines : 

 

Euphorique

Cet état particulier est décrit par les sportifs comme un moment d'euphorie, de spiritualité, de puissance, de grâce, de déplacement sans effort, de vision momentanée de la perfection, de flottement dans l'irréel. Les coureurs de fond parlent d'extase. Cet état persiste après l'arrêt.

 

Anxiolytique

L'effet anxiolytique reconnu de la morphine s'applique également aux endorphines.Les sportifs réguliers sont moins sujets au stress que les non sportifs mais pour diminuer l'anxiété, l'exercice doit être effectué à 70 % de sa fréquence cardiaque maximale, et ce pendant au moins vingt minutes.
Débutant s'abstenir. Cet effet anxiolytique persiste pendant deux à six heures. Les endorphines ne sont cependant pas les seules impliquées. Il existe en effet d'autres neuromédiateurs, notamment la sérotonine, qui exercent également un rôle antidépresseur.

Antalgique

Tout comme la morphine, largement utilisée en médecine pour ses effets antalgiques dans les douleurs rebelles, les endorphines possèdent les mêmes propriétés. Elles agissent de façon identique en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui bloquent la transmission des signaux douloureux et réduisent la sensation de douleur. Elles élèvent le seuil de la douleur et cet effet dure quatre heures après leur sécrétion. En inhibant les  douleurs d'origine musculaire  ou tendineuse pendant l'effort, les sportifs peuvent maintenir leurs performances mais malheureusement certains signes de douleurs coronariennes ou d'infarctus peuvent également être masqués par cette libération d'endorphines, ce qui peut avoir de graves répercussions.

 

Anti-fatigue

Pour permettre à l'organisme de s'adapter à cette situation de stress inhérent à l'activité physique intense, les endorphines modérent les fonctions cardiaque et respiratoire. Autrement dit, elles limitent l'essoufflement à l'effort et l'épuisement. 

 

Dépendance.

Il s'agit d'une dépendance psychologique. Les sportifs sont très attachés aux sentiments de bien-être et de plaisir procurés par leur activité. Ils entretiennent avec elle une relation affective très forte qu'ils peuvent difficilement interrompre.

 

Pour revenir à la douleur..... La douleur est un vecteur physique et psychologique de jouissance dans la relation consensuelle. Abandon, perte de repères, dépassement des limites personnelles, la douleur subie volontairement permet de s’abstraire de la réalité, parfois même d’atteindre des états de conscience altérée. Si le facteur psychologique est prépondérant dans l’association douleur/plaisir, essentiellement en fonction de l’histoire personnelle, elle s’explique également physiologiquement et chimiquement. Lorsqu’une douleur dépasse le quart d’heure, le rythme cardiaque s’accélère augmentant la pression sanguine et la sensibilité, et le corps produit des sécrétions d’endorphines dont l’effet est proche de la morphine, avec l'apparition d'un sentiment d’euphorie et parfois même de transe.

 

Subspace : On appelle subspace l'état de conscience modifié qui fluctue entre l’état conscient et inconscient. C'est un niveau à atteindre....qui fait appel à beaucoup de patience et de temps.
Un monde entre l’esprit et le corps, un monde de pures sensations, d’émotions et de profonds échanges d’énergie, une "traversée" dans laquelle la pensée logique et le raisonnement n’ont plus leurs places. Le Dominant est là pour guider la personne soumise dans ce "voyage".
Certaines personnes soumises s’immergent dans les sensations à tel point qu’elles perdent la notion du temps, de leur propre identité et de leur environnement. Plus le subspace est profond, plus cette altération est importante. La personne en subspace n’a plus la moindre idée du temps écoulé. Un cocktail chimique se déclenche dans le corps. Les endorphines ,la dopamine, l’adrénaline et d’autres substances se précipitent dans le cerveau et modifient l’état de conscience sous l’influence de la douleur. Ce cocktail peut rester actif durant 2 à 3 jours produisant une certaine euphorie. Durant cet état de subspace, la personne soumise n’arrive parfois même plus à s’exprimer de manière compréhensible. Elle est dans un état de transe, déconnectée de la réalité, incapable de distinguer le danger. Si vous lui posez une question, elle aura le plus grand mal à répondre d’une façon logique car elle souffre à ce moment précis d’une forme d’amnésie qui dissocie ses souvenirs. Lorsque l'on observe une personne soumise en subspace, elle semble hébétée, les yeux fixes, son élocution est très lente et laborieuse, voire impossible, ses gestes d’une extrême lenteur. Comme quelqu’un ayant subi un choc ou sous l’emprise d’une drogue. Tout ou partie des émotions sont dissociés de la conscience. Les sensations ressenties par la personne soumise deviennent purement du plaisir et n’importe quelle douleur infligée est alors transférée à son cerveau comme étant du plaisir. Il est certain que pour en arriver à ce stade, il faut du temps et patience de la part de la soumise et son Maitre. Généralement, il faut du temps et de l’expérience pour que la soumise puisse s’abandonner et atteindre le subspace. Pour cette raison la confiance établie entre le Dominant et la soumise est primordiale !
La méthode la plus souvent utilisée pour guider la personne soumise jusqu’au subspace est d’infliger une douleur progressive, comme celle du fouet progressif, pour permettre aux endorphines de transformer la douleur en plaisir. L’intensité des coups sera alors augmentée progressivement pour garder le seuil de plaisir. La progression des coups s’obtient par la diversité des instruments utilisés en partant de martinet, battoir, canne. Le phénomène d’addiction existe comme pour toutes les drogues et en raison de ce plaisir, les personnes soumises seront à la recherche d’un état de plus en plus profond, suppliant souvent leurs Dominants de les envoyer toujours plus loin.

Comment alors provoquer cet état en infligeant de la douleur ?

Il s’agit de lancer progressivement la production d’endorphines et autres substances chimiques par le corps, puis d’augmenter par paliers successifs cette production en intensifiant la douleur infligée, ce qui fait pénétrer de plus en plus profondément la soumise dans un état psychologique très particulier qui vient abolir la conscience de ce qui l’entoure et qui lui permet alors de se focaliser uniquement sur ses sensations.
Tout le paradoxe pour moi est là, dans cette douleur qui au lieu d’être rejetée puisqu’elle fait souffrir, va provoquer un autre état de conscience, une évasion des perceptions ordinaires pour entrevoir peut être un univers bien différent de celui que nous percevons dans notre quotidien.

Le fait pour elle de savoir que son Dominant est entièrement responsable de son bien être émotionnel mais également physique est la condition incontournable pour la réalisation du fameux « lâcher prise » .
Il revient pleinement au Dom d’évaluer en permanence la situation en observant attentivement sa soumise à travers chacune de ses réactions, pour savoir à quel moment il convient d’arrêter.
Moment d’une grande intensité partagée pour tous les deux.

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Ce "Lâcher prise", qui passe par l'occultation de son égo et des jugements envers soi même (nourriture de son égo), se traduira via le processus douleur/Plaisir par une meilleure connaissance de soi de la soumise et ainsi  un déblocage qui l'amènera à assumer sa vraie personnalité mentale, physique, sexuelle et par voie de conséquence un équilibre psychique, physique, sexuel en regard de sa personnalité et non des clichés éducatifs et médiatiques fondés par la société qui font que nous ne sommes plus nous même.

Vivre en société est une chose que nous ne pouvons éviter mais vivre sa "vraie intimité" me parait primordial pour notre équilibre. 

Steeve.




 

Jeu 8 mar 2012 2 commentaires
Oui ce n'est jamais gratuit... Ni pour celui qui donne ni pour celui qui reçoit..On me dit même maso quand on ne comprend a qui je suis... tout faux... je n'ai pas besoin de la douleur, elle n'est pas jouissance, elle est don, une manière d'exprimer ce que l'on ressent, quelque chose d'intensement fort, une communion qui peut mettre dans un état émotionel sublime, et la recherche est là ... elle n'est pas la pour elle même... je pourrais en parler à n'en plus finir...
Féline - le 10/04/2012 à 15h09
Le reste de l'article est ... l'évidence de ceux qui ont compris...
Féline - le 10/04/2012 à 15h10